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Marthe Robin

  • Marthe Robin

    Sa vie a été inscrite dans le XXe siècle pendant 79 ans, dont les cinquante derniers à ne pouvoir déglutir ni boisson ni nourriture, à vivre paralysée dans l’obscurité, à « vivre » les souffrances de Jésus crucifié au point de saigner chaque vendredi des plaies qui lui ont été supposées, au point de « mourir » dans un coma extatique pendant les trois jours suivants et de « ressusciter » chaque dimanche comme si c’était Pâques !

    « Tu es complètement dingue. On lit ton livre sur Marthe Robin, et quand on a fini, on ne sait rien d’elle ». Cette apostrophe plutôt acerbe d’une « vieille amie » a réjoui celui dont elle venait de traverser l’écrit, Le Salut précaire de Marthe Robin.

    Effectivement, ce livre n’est pas une « biographie » au sens ordinaire du mot. Encore moins une « hagiographie », c’est-à-dire vie d’une sainte qui serait proposée à l’admiration pieuse. Encore moins une « étude de cas » psychiatrisante, réduisant un engagement mystique à des symptômes hystériques. Ce livre est une tentative « d’accompagnement » du sujet Marthe Robin dans un itinéraire follement humain : refuser l’abandon, assigner l’Autre à vous garantir comme sujet. Au prix fort, dans un cheminement terriblement douloureux dont le livre essaie de rendre compte, cette femme a vécu une aventure où elle a pu s’affirmer comme sujet.

    C’est ça qui n’est pas si banal, et mérite une attention respectueuse, indépendamment du cirque ecclésio-marchand et du sensationnalisme médiatique.

    Bernard Vandewièle